LPVDA à Nendaz: où voir les 4 œuvres monumentales sur les granges?

Si vous vous baladez du côté de Haute-Nendaz ou Basse-Nendaz, ouvrez l’œil : quatre immenses visages sont récemment apparus sur les façades d’anciennes granges.

Je suis partie à leur recherche et, si les œuvres sont déjà impressionnantes en photo, elles le sont encore davantage lorsqu’on se retrouve devant ces visages directement gravés dans le bois.

Car ici, pas de peinture ni de bombe de street art. Ces portraits sont l’œuvre d’Antoine Guignard, alias LPVDA – Les Pinceaux Verts D’Antoine, artiste reconnu pour une technique pour le moins originale : le street-poncing.

Et au-delà de leur dimension artistique, ces quatre œuvres racontent surtout un morceau de l’histoire de Nendaz.

LPVDA, l’artiste qui dessine… avec une ponceuse

La première chose qui m’a intriguée en découvrant ces œuvres, c’est leur technique de réalisation.

LPVDA ne peint pas les façades : il travaille directement la matière.

Armé d’une ponceuse et d’une meule, Antoine Guignard retire progressivement la couche superficielle du bois. Les différentes nuances qui apparaissent permettent de créer les ombres, les traits et les détails des visages. Ses fresques naissent ainsi du contraste entre les parties plus ou moins poncées des vieilles façades.

Et c’est probablement ce que je trouve le plus réussi dans ce projet : le bâtiment ne sert pas simplement de support à l’œuvre, il en fait partie.

Les années, les marques du bois, les planches et les imperfections des anciennes granges participent complètement au résultat.

Durant les mois de juin et juillet, l’artiste a travaillé sur deux granges de la commune, utilisant à chaque fois deux façades pour donner naissance à quatre portraits.

Quatre portraits pour raconter l’histoire de Nendaz

Le choix des visages n’est pas anodin.

Plutôt que de représenter des personnalités connues du grand public, les quatre fresques rendent hommage à des habitants ayant marqué l’histoire locale ou la mémoire de ceux qui les ont connus.

Deux se trouvent à Basse-Nendaz, au Chemin du Moulin, et deux autres à Haute-Nendaz, dans le quartier de la Place.

À Basse-Nendaz

Jean Gillioz (1864–1934), pionnier de la montagne

Le premier visage est celui de Jean Gillioz, pionnier parmi les guides de montagne de Nendaz.

Après son mariage avec Marie-Philomène Fournier en 1903, il s’installe dans ce quartier. Le couple aura cinq enfants. Il travaille parallèlement comme garde-fort à Dailly.

Grâce à son travail, Jean Gillioz fut le premier à ramener à Nendaz des skis fabriqués industriellement, dans les années 1920.

Pierre-Louis Fournier (1902–1979), pionnier de la framboise

Le deuxième portrait de Basse-Nendaz met à l’honneur Pierre-Louis Fournier.

À l’automne 1944, il décide de planter ce qui deviendra la première véritable framboisière de Nendaz. Lors de la première récolte, l’été suivant, elle produit seulement une vingtaine de kilos.

L’expérience prendra pourtant une ampleur impressionnante : en 1972, Nendaz fournissait 420 tonnes sur les 509 tonnes de framboises produites dans l’ensemble du canton.

Une petite initiative locale devenue une véritable spécialité agricole.

À Haute-Nendaz

Agnès Fournier (1905–1999), un visage du quartier

Contrairement aux autres personnages représentés, Agnès Fournier n’est pas mise à l’honneur pour une profession ou une innovation particulière.

Et c’est justement ce que j’aime dans son histoire.

Agnès Fournier a vécu toute sa vie dans le quartier de la Place, dans la maison située juste à côté du Café de la Place. Les personnes qui l’ont connue se souviennent d’une femme douce, discrète et d’une grande gentillesse, vivant très simplement. Elle est décédée à l’âge de 94 ans.

Pour créer son portrait, LPVDA s’est inspiré d’une photographie publiée dans le livre Gens de chez nous de Bruno Mermoud, paru en 1986. Elle y porte le chapeau traditionnel des Nendettes, que l’on retrouve sur la fresque.

L’œuvre prend encore davantage de sens lorsqu’on sait qu’elle se trouve à quelques mètres seulement de l’endroit où Agnès a vécu.

Samuel Bourban dit « Samou » (1893–1975), le muletier

Sur l’autre façade apparaît Samuel Bourban, surnommé Samou.

Et il existe ici un lien particulièrement fort entre le personnage et son support : Samuel Bourban était autrefois propriétaire de la grange sur laquelle son portrait est aujourd’hui réalisé.

Décrit comme un personnage sympathique et bon vivant, Samou était muletier. Comme beaucoup d’hommes de son époque, il cultivait également ses terres, faisait estiver son bétail et entretenait ses parcelles de vigne à Vétroz et Conthey.

Difficile d’imaginer meilleur endroit pour faire perdurer sa mémoire.

Où voir les œuvres ?

Haute-Nendaz

📍 Quartier de la Place – en face du Café de la Place

Prière de se garer devant l’église de Haute-Nendaz, puis de rejoindre la Place à pied (3min de marche).

Basse-Nendaz

📍 Chemin du Moulin, Basse-Nendaz

Prière de se garer à l’entrée du village, à Pétérey, puis de rejoindre le Chemin du Moulin à pied (6 min de marche).

Une nouvelle manière de découvrir Nendaz

On vient facilement à Nendaz pour ses pistes de ski, ses bisses, ses randonnées ou ses paysages. Mais j’aime particulièrement les initiatives qui permettent aussi de découvrir l’histoire et les habitants derrière la destination.

Et ces quatre œuvres réussissent, à mon sens, particulièrement bien cet exercice.

Alors, si vous êtes de passage à Nendaz, je vous conseille vraiment d’ajouter ces deux petits détours à votre programme et si vous cherchez un logement, je ne peux que vous recommander le Tsapy!

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